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LEA01 - Score de capacité selon le Règlement Sanitaire International
Score de capacité selon le Règlement Sanitaire International
Le score global du Règlement sanitaire international (RSI) fournit une mesure des capacités de préparation du pays face aux risques de santé publique et aux événements sanitaires aigus.
Le RSI (2005), adopté par les États Membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), vise à renforcer la sécurité sanitaire mondiale (1). Il définit les capacités minimales que les pays doivent développer et maintenir afin de prévenir, détecter, notifier et répondre aux événements de santé publique susceptibles de représenter une urgence de portée internationale. Le niveau de mise en œuvre de ces capacités est rapporté annuellement par les Etats Parties au moyen de l’outil State Party Self-Assessment Annual Reporting (SPAR) (2).
La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’importance de disposer de mécanismes robustes de surveillance, de coordination, de communication des risques et de préparation aux crises sanitaires pour améliorer la résilience des systèmes de santé (3).
Au Luxembourg, le rapport national d’analyse post-crise COVID-19 (4) souligne notamment l’importance des capacités de coordination, d’anticipation, de partage d’information et de pilotage institutionnel dans la réponse aux événements sanitaires majeurs.
Constats
Les données antérieures à 2021 doivent être interprétées avec prudence en raison des évolutions méthodologiques introduites dans la seconde édition du SPAR.
En 2024, le score global RSI du Luxembourg s’établit à 67 %, contre 75 % pour la moyenne européenne. Malgré une progression observée au cours des dernières années, le Luxembourg demeure en dessous de la moyenne européenne.
L’analyse des quinze capacités met en évidence des points forts techniques, mais également plusieurs marges de progression en matière de gouvernance et de coordination.
Les principales forces du Luxembourg concernent les capacités relatives au financement (C3 : 80 %), aux laboratoires (C4 : 84 %), aux ressources humaines (C6 : 70 %), à la gestion des urgences sanitaires (C7 : 80 %), aux prestations de services de santé (C8 : 80 %) et à la communication des risques (C10 : 73 %). Ces capacités présentent des scores supérieurs à la moyenne européenne et reposent sur des attributs majoritairement évalués à 80 % ou 100 %, correspondant aux niveaux de maturité les plus élevés de la méthodologie SPAR.
Les principales faiblesses concernent les dimensions de gouvernance et de coordination du RSI. Les capacités C1 – Instruments politiques, juridiques et normatifs pour la mise en œuvre du RSI (30 %) et C2 – Coordination RSI et fonctions du point focal national RSI (33 %) affichent les scores les plus faibles ainsi que les écarts les plus importants par rapport à la moyenne européenne (64 % pour C1 et 74 % pour C2).
L’analyse des attributs montre que ces résultats s’expliquent principalement par les faibles scores des attributs C1.2 – Égalité des sexes lors des urgences sanitaires (20 %) et C2.3 – Plaidoyer pour la mise en œuvre du RSI (20 %), très inférieurs aux moyennes européennes respectives (54 % et 70 %). Les attributs C1.1 – Instruments politiques, juridiques et normatifs pour la mise en œuvre du RSI (40 %) ; C2.1 – Fonctions du point focal national RSI (40 %) et C2.2 – Mécanismes de coordination multisectoriels (40 %) demeurent également en retrait par rapport aux valeurs européennes.
Plusieurs capacités présentent un niveau intermédiaire nécessitant une consolidation, notamment la surveillance (C5 : 70 %), la prévention et le contrôle des infections (C9 : 67 %), les points d’entrée et la santé aux frontières (C11 : 67 %), ainsi que les capacités relatives aux événements chimiques (C14 : 60 %) et aux urgences radiologiques (C15 : 60 %). Les écarts les plus importants avec la moyenne européenne concernent les capacités C2 (-41 points), C1 (-34 points), C15 (-24 points), C5 (-13 points) et C14 (-13 points).
Dans l’ensemble, les résultats suggèrent que le Luxembourg dispose de capacités techniques et opérationnelles globalement solides pour la préparation et la réponse aux urgences sanitaires, mais présente encore des marges de progression subsistent toutefois concernant certains aspects de gouvernance du RSI, de coordination institutionnelle, de surveillance et de préparation aux événements chimiques et radiologiques.
Les résultats observés sont cohérents avec les enseignements récents de la littérature sur la résilience des systèmes de santé (3), ainsi qu’avec les constats formulés dans le Luxembourg Country Health Profile 2025 (5) et l’évaluation externe réalisée par l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) en 2024 (6). Ces travaux qui soulignent les bonnes performances du Luxembourg dans plusieurs dimensions techniques du système de santé tout en identifiant des marges de progression concernant la coordination intersectorielle, la gouvernance des urgences sanitaires et certains mécanismes institutionnels de préparation aux crises.
Une attention particulière devrait être portée aux capacités de gouvernance du RSI (C1 et C2), dont plusieurs attributs sont évalués aux niveaux de maturité les plus faibles de la méthodologie SPAR. À l’inverse, les capacités techniques et opérationnelles du système présentent globalement des niveaux de maturité plus élevés et comparables, voire supérieurs, à la moyenne européenne.
Références
(1) World Health Organization. International Health Regulations (2005). Geneva: World Health Organization; 2016.
(2) World Health Organization. International Health Regulations (2005): State Party Self-Assessment Annual Reporting Tool, second edition. Geneva: World Health Organization; 2021.
(3) Ministère de la Santé et de la Sécurité sociale du Luxembourg. Rapport d’analyse post-crise COVID-19. Luxembourg.
(4) European Observatory on Health Systems and Policies. Lessons from a global review of health system resilience. Policy Brief 81. 29 May 2026
(5) OECD, European Observatory on Health Systems and Policies. Luxembourg: Country Health Profile 2025. Paris/Brussels; 2025.
(6) European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). Public Health Emergency Preparedness Assessment – Luxembourg. Stockholm: ECDC; 2024.
(7) Bishowkarma K, Bell C, Ding S, Nguni R, Vernaccini L, Mala P, et al. Estimating global public health security preparedness capacity: The contribution of SPAR and JEE. Dialogues in Health. 2026; 8:100282.
(8) Satria FB, Tsai FJ. Why do International Health Regulations self-assessment capacities (SPAR) scores not predict COVID-19 control outcomes? Analysis of the relationship between SPAR scores and COVID-19 resilience scores in 2021. Global Health. 2025;21(1):19.
Définition
Le score de capacité selon le Règlement sanitaire international est un score composite d'indicateurs fondé sur l’évaluation au niveau national, de 15 capacités essentielles permettant de prévenir, détecter, évaluer, notifier et répondre aux événements de santé publique susceptibles de constituer une urgence de portée internationale.
Source de l'indicateur
World Health Organization – Global Health Observatory: State Party Self-Assessment Annual Reporting Tool (SPAR)